[ A Rebel Without A Cause ]

"Stark ! Jim Stark, voilà ! ... 1753 Angelo...
Et beh ya plus qu'à yaller ! "

mardi 30 mars 2010

Printemps

Yo les amis ! Me revoici, et avec l'une de mes saisons que je n'avais pas écrite (peut-être à cause du même blocage qui fait que c'est tellement plus facile de parler du malheur, de la mélancolie que du bonheur, ou qui fait que l'automne est plus confortable à décrire que l'été ou... le printemps). Je compte participer au même concours de poésie que les années précédentes - tenace dans sa défaite, la petite -, et vu qu'il semblait que c'était ma saison (Automne) qui leur avait le plus plu, je me suis dit, pourquoi ne pas revenir avec une autre saison ?
Vous me dites ce que vous en pensez ?
( @ux dysjonctés inquiets : ne vous inquiétez pas, je suis sur une piste sérieuse pour ma petite réponse au défi)
* * *

Je décoiffe les fleurs fraîches - petites fragrances discrètes et mutines, rougissant de voir ça et là leurs nervures de pourpre exhibées par la rosée, loupe liquide - je sors de cette jungle orgueilleuse les poumons pleins de printemps.
Ces histoires de "Je" me lassent. Je voudrais me fondre dans le bois encore humide de ce banc pour entendre les nuages lourds racler le ciel dénudé de toute leur grisaille dorée.
Je veux être seule, loin de ce printemps répugnant où roucoulent des couples déjà fanés, loin de ces fleurs d'un rose trop rose pour être délicates, pour mériter d'être des fleurs. Je veux ce printemps inviolé, celui qui n'est pas dans les livres, celui qui se tait et laisse tomber les magnolias sur la pierre fraîche de la petite cour ombragée, berçant leurs songes d'une brise mouillée. Celui dont l'aube offre aux oiseaux un monde de silence pour qu'ils puissent se parler, et s'entendre être les architectes d'une cathédrale dont les pins encore assoupis sont la nef, dont les larmes du saule sont les vitraux, dont le chuchotis de la fontaine cachée, à la salive claire, est le bénitier.
Mais ce printemps est irréel ; c'est celui d'une petite fille gâtée.
Ailleurs, il prête son silence à l'obus qui vient délivrer sa rage dégueulasse sur les murs de papier d'un immeuble, désespoir droit dressé vers le ciel. Ici, la jeune averse arrose de sa témérité nouvelle la triste indifférence d'un homme pour son voisin. Là, le chant du rouge gorge tombe dans l'oreille sourde d'un homme gras, aux doigts alourdis par des bagues dorées serties d'inhumanité - la conscience aussi légère que les nuages balayés par le vent, il signe, calmement, d'une encre aussi noire que ses œillères et son café fumant, un petit billet, maigre linceul d'un charnier hurlant.

5 commentaires:

  1. M... ! Je me suis fait bouffer mon commentaire !
    Bon, je recommence again (sic)
    J'aime bien, surtout l'opposition entre les deux poésies, dont la deuxième dénonce, sonne plus actuelle tout en restant poétique.
    Mais peut-être retravailler un peu ne serait-ce que pour enlever les "petits" et "petites" qui abondent un peu trop, me semble-t-il.
    Allez hop, au boulot !
    Et on y croit ! Yes ! ça va le faire !

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  2. Ok =) Merci Sir G@rp ! Toujours d'aussi bon conseil !

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  3. J'apprécie franchement le changement de ton qui s'installe. C'est fort.

    Pour ma part, je virerais le "petits" pour les oiseaux architectes... On se doute qu'ils ne sont pas géants, et leur talent est cependant indiscutable.

    Sinon, je suis à la recherche de l'été... Quelqu'un a une piste ?
    Bon, j'insiste un peu, là... ;-)

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  4. Toujours un plaisir de vous lire, chère Odalisque.
    J'en ai profité pour vous mettre en lien avec d'autres amis sur mon blog.
    Avec mes amitiés,
    Denis

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